CENTRE AQUATIQUE SALLANCHES

Concours centre aquatique à Sallanches : un équipement paysager face au Mont Blanc

Un site contraint entre l’Arve et l’autoroute : transformer les limites en atouts

Ce projet de centre aquatique à Sallanches s’implante sur un terrain fortement contraint. À l’Ouest, une large bande inconstructible liée à une canalisation de gaz impose un recul de sécurité. La proximité de l’autoroute blanche, génératrice de nuisances sonores, conduit également à limiter l’implantation du bâtiment sur la partie Est du site. Le parti pris consiste à reculer la construction pour s’éloigner du bruit et retrouver un niveau sonore compatible avec un équipement de loisirs, tout en libérant des espaces extérieurs qualitatifs.

Accès, bus et mobilités douces : une desserte repensée

Le terrain est bordé par la route des Follieux et la route de l’Arve, aujourd’hui connectées de manière peu lisible. Le projet recompose ces accès en organisant les entrées voitures et bus le long de la partie Nord, permettant la mise en place d’une desserte en transport en commun : arrivée par la route des Follieux, sortie par la route de l’Arve. Le stationnement est implanté au Nord et à l’Est, tandis que le bâtiment prend place au Sud-Est. Les cheminements piétons et vélos sont renforcés par la continuité de la piste cyclable, afin de favoriser les mobilités douces jusqu’à l’entrée.

Implantation paysagère et risques d’inondation : un bâtiment surélevé

La proximité de l’Arve impose une réponse claire aux risques : le centre aquatique est surélevé d’environ 50 cm par rapport au terrain existant. Cette disposition permet d’intégrer les locaux techniques en sous-sol, tout en valorisant la présence du bâtiment dans le site. La frange boisée au Sud est prolongée pour renforcer l’intégration paysagère et mettre à distance la façade des habitations proches.

Orientation optimale : vues, lumière naturelle et confort climatique

Deux paramètres structurent l’implantation : les vents dominants Nord/Sud et la vue exceptionnelle sur le Mont Blanc. Le bâtiment s’ouvre largement au Sud-Est pour cadrer le panorama et bénéficier d’un apport généreux de lumière naturelle, tandis qu’il se protège au Nord, en tournant le dos aux vents. Les façades Sud et Est sont largement vitrées afin d’immerger les usagers dans le paysage. Pour éviter la surchauffe estivale, de grandes avancées de toiture protègent les vitrages lorsque le soleil est au zénith.

Architecture : un “sérac” contemporain posé dans le paysage

Le langage architectural s’inspire directement de l’identité montagnarde de Sallanches. Le bâtiment est imaginé comme un sérac — un bloc de glace issu du Mont Blanc — dont la forme brute et angulaire évoque une masse minérale déposée par l’Arve. L’enveloppe extérieure, claire et lisse, renforce cette sensation de “glace”, tandis que les creux, renfoncements, terrasses et sous-faces sont habillés de bois pour apporter chaleur et confort. Cette dualité matérialise le dialogue entre eau solide et eau liquide, entre une image extérieure dynamique et des ambiances intérieures apaisées.

Une façade protectrice côté autoroute, une façade ouverte côté panorama

Le projet assume une double attitude :

  • au Sud et à l’Est, une façade transparente tournée vers le Mont Blanc,
  • au Nord et à l’Ouest, une façade plus fermée et monolithique, protectrice face aux nuisances et aux regards.
    De grands renfoncements traités en bois signalent clairement l’entrée et créent des seuils accueillants, lisibles depuis les cheminements.
Des espaces extérieurs en “golf de verdure” et une protection acoustique naturelle

La surélévation du bâtiment génère une topographie paysagère riche : les espaces extérieurs s’organisent en pentes douces et en courbes de niveaux, formant un véritable golf de verdure. Une butte végétale est aménagée au niveau des bassins : elle peut accueillir des usages ludiques (type pentes/jeux), mais joue surtout le rôle de merlon paysager. Elle crée une ombre acoustique et une mise à distance visuelle de l’autoroute, améliorant fortement l’ambiance des plages et des espaces extérieurs.

Évolutivité et gestion de l’eau : vers un miroir d’eau paysager

Le projet anticipe une évolution possible : l’extension des espaces extérieurs par la création d’un miroir d’eau peu profond (environ 40 cm). Cet ouvrage permettrait de récupérer les eaux pluviales, de les stocker et de les traiter pour l’arrosage et l’entretien des espaces verts. Un ponton pourrait y être aménagé, offrant une promenade supplémentaire et renforçant l’identité paysagère du centre aquatique.

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