SAEM CHATEL
Concours à Châtel : un bâtiment public signal, intégré au site du lac de Vonnes
Implanté sur un promontoire au-dessus du lac de Vonnes, ce projet de concours pour la commune de Châtel s’inscrit dans un site à la visibilité exceptionnelle. En arrivant de Suisse par la RD22, le terrain offre une perception dégagée sur le grand paysage, avec les reliefs alpins en toile de fond. Le projet prend le parti d’une intégration douce et précise, en travaillant le bâtiment comme un élément de paysage : une forme qui épouse les lignes directrices du site et s’adapte finement à la topographie.
Une implantation maîtrisée, pensée pour le relief et les vues
La déclivité marquée au Nord conduit à privilégier un bâtiment relativement étroit, développé selon l’axe Est–Ouest, afin de ne pas “mordre” inutilement dans la pente. La silhouette accompagne les directions structurantes du lieu — route des Vonnes à l’Ouest et chemin des Argéats à l’Est — avec un recul maîtrisé par rapport aux emprises publiques (hors débords de toiture et balcons).
L’entrée est positionnée à l’angle de ces deux orientations : un point stratégique offrant une excellente visibilité depuis la RD22. Le hall, largement vitré, fonctionne comme une faille transparente : il propose une vue traversante vers le lac, le jet d’eau et les montagnes, dès l’arrivée sur le parvis.
Une volumétrie inspirée des fermes d’Abondance, réinterprétée de façon contemporaine
Le projet reprend l’esprit des constructions traditionnelles de la vallée d’Abondance : volumes simples, trapus, protégés par un large toit à deux pans, avec un faîtage perpendiculaire à la pente. Cette filiation se traduit aussi par la logique constructive socle minéral / étages bois.
Le bâtiment se développe sur trois niveaux :
- un niveau inférieur en béton matricé dédié aux parkings et aux fonctions techniques,
- deux niveaux supérieurs en bois accueillant bureaux et logements.
Les étages se prolongent en porte-à-faux sur les pignons, afin d’alléger la perception du volume et de masquer partiellement certains stationnements. Cette stratégie conserve une silhouette compacte tout en affirmant une écriture architecturale actuelle. Par ailleurs, la composition permet une évolutivité : une extension pourra s’envisager en prolongement des extrémités.
Une “dentelle de bois” comme signature : entre mémoire locale et image de station
Pour donner à l’équipement une identité forte, sans rompre avec l’histoire du territoire, la façade est conçue comme une double peau en résille bois. Elle s’inspire des pâlines et des balustrades ajourées des galeries traditionnelles (le “solaret”), autrefois utilisées pour faire sécher le foin.
Cette enveloppe unifie les façades en dissimulant balcons, coursives et escaliers, tout en intégrant les différentes ouvertures des logements et des bureaux dans une lecture cohérente. La perception reste simple et unitaire, mais riche en nuances grâce aux jeux d’ombres produits par la trame. Le dessin, basé sur une géométrie répétée, peut évoquer à la fois un flocon, un motif jacquard ou un signe identitaire, tout en restant sobre et élégant.
Matériaux et performance : un bâtiment exemplaire et bas carbone
Le bois est utilisé à plusieurs niveaux : résille extérieure, structure (murs MOB rapportés), bardage, charpente, habillages intérieurs et menuiseries. Ce choix accompagne une ambition environnementale claire : matériaux biosourcés, faible bilan carbone, et valorisation de bois local (type “Bois des Alpes”).
Pour garantir la sobriété d’exploitation, le projet mise sur une enveloppe très performante : isolation renforcée, étanchéité à l’air soignée, menuiseries optimisées et traitement précis des traversées. L’objectif de performance vise un niveau RT2012 -20%, avec un bâtiment confortable, durable et cohérent avec l’image d’excellence attendue dans une station touristique comme Châtel.
Projet réalisé en collaboration avec WM ARCHICTES.
Date:
30 décembre 2025

